vendredi 2 octobre 2009

Dix juillet mille neuf cent quatre-vingt-quinze

Tu m'avais montré les vagues et raconté les noyades et tu m'avais dit les hélicoptères et les gardes-côtiers. Des flocons d'écume jaunie roulaient jusqu'à mes sandales en cuir il fallait toujours qu'elles soient en cuir ça empêchait les pieds qui transpiraient facilement comme les nôtres de transpirer disait maman. La Côte Sauvage inondait l'automne et j'apprenais ta Bretagne. J'avais les pieds mouillés à cause de l'écume séchée pas de la transpiration maman ne me croirait pas.

mardi 29 septembre 2009

Sept août deux mille neuf

Décarie s’est ouvert la pandore. Accoudée aux rambardes de métal, j’ai pas envie de bouger. Je sais que tu es dans les escaliers. Que tu ne m’attends pas. Je sais que tu es avec elle. Et que vous vous parlez d’amour.

mercredi 16 septembre 2009

Vingt-deux juillet

Le mince filet d’air qui s’engouffra entre le cadre d’aluminium et le panneau de bois lorsqu’il referma lentement la porte d’entrée suffit à la réveiller, encore. Elle garda les yeux fermés et compta. Une seconde, puis dix. À la dix-septième, elle entendit la voiture démarrer. Immobile dans son lit, elle savait la voiture qui reculait dans le drive-way, passait devant sa fenêtre et tournait à droite sur le grand boulevard. Il n’allait jamais par la gauche. Il n’y avait rien qui puisse l’intéresser à gauche. Lorsqu’elle ne perçut plus au loin le cahotement métallique des essieux sous la carrosserie, elle se tourna sur son flanc droit. Elle se rendormirait. Au matin, il serait revenu. Assis dans la cuisine avec son journal, il délaisserait la page des mots-croisés sur la table. Elle s'en saisirait. Ils ne se diraient rien. Sauf bye papa à 7h30.

samedi 25 juillet 2009

Carnet de voyage - 10

Les cordillières éventrées laissent s'évider les pourpres et les ocres jusqu'au fond des gorges des amants.
Suivons la Panaméricaine jusqu'à demain.

mardi 21 juillet 2009

Carnet de voyage - 9

Le vin ne coûte rien, les bars ne ferment jamais, les bottelería non plus, les Chiliens sont beaux. Valparaíso la magnifique.

Dans quelques jours, nous délaisserons l'éclectique Valpo pour la plus rangée capitale.

Une petite cure de désintoxe sera nécessaire. Se purifier après l'excès.

Valparaíso sera regrettée.

vendredi 17 juillet 2009

Carnet de voyage - 8

VALPARAÍSO,
qué disparate
eres,
qué loco,
puerto loco,
qué cabeza
con cerros,
desgreñada,
no acabas
de peinarte,
nunca
tuviste
tiempo de vestirte,
siempre
te sorprendió
la vida,
te despertó la muerte,
en camisa,
en largos calzoncillos
con flecos de colores,
desnudo
con un nombre
tatuado en la barriga,
y con sombrero,
te agarró el terremoto,
corriste
enloquecido,
te quebraste las uñas,
se movieron
las aguas y las piedras,
las veredas,
el mar,
la noche,
tú dormías
en tierra,
cansado
de tus navegaciones,
y la tierra,
furiosa,
levantó su oleaje
más tempestuoso
que el vendaval marino,
el polvo
te cubría
los ojos,
las llamas
quemaban tus zapatos,
las sólidas
casas de los banqueros
trepidaban
como heridas ballenas,
mientras arriba
las casas de los pobres
saltaban
al vacio
como aves
prisioneras
que probando las alas
se desploman.

Pronto,
Valparaíso,
marinero,
te olvidas
de las lágrimas,
vuelves
a colgar tus moradas,
a pintar puertas
verdes,
ventanas
amarillas,
todo
lo transformas en nave,
eres
la remendada proa
de un pequeño,
valeroso
navío.
La tempestad corona
con espuma
tus cordeles que cantan
y la luz del océano
hace temblar camisas
y banderas
en tu vacilación indestructible.

Estrella
oscura
eres
de lejos,
en la altura de la costa
resplandeces
y pronto
entregas
tu escondido fuego,
el vaivén
de tus sordos callejones,
el desenfado
de tu movimiento,
la claridad
de tu marinería.
Aquí termino, es esta
oda,
Valparaíso,
tan pequeña
como una camiseta
desvalida,
colgando
en tus ventanas harapientas
meciéndose
en el viento
del océano,
impregnándose
de todos
los dolores
de tu suelo,
recibiendo
el rocío
de los mares, el beso
del ancho mar colérico
que con toda su fuerza
golpeándose en tu piedra
no pudo
derribarte,
porque en tu pecho austral
están tatuadas
la lucha,
la esperanza,
la solidaridad
y la alegría
como anclas
que resisten
las olas de la tierra.

Neruda

mardi 23 juin 2009

Carnet de voyage - 7

J'irai à l'essentiel ce soir: le Pérou et le Chili me font sentir femme (je me suis enfin sentieeeeee feeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeemme - j'espére que vous avez maintenant tous la chanson bien calée dans la tête, vengeance).


Bonne Saint-Jean.

jeudi 18 juin 2009

Carnet de voyage - 6

Après-demain, ce sera la fin de l'aventure Pérou. Tout ceci me laisse un étrange arrière-goût. Ce voyage, j'y pense depuis 5 ans. Maintenant, j'y suis. Et j'y suis entièrement. Je n'ai même plus l'impression d'être en voyage. J'y suis. C'est tout.

Mais soudain, il y a urgence. Après-demain, il n'y aura plus de Pérou. Et pour probablement très longtemps. Et, d'une certaine manière, ça me fait paniquer.

Parlant d'adieu, ce matin, nous avons quitté ceux qui auront été nos compagnons le temps d'une ville. Le team Puno (peu original, certes, mais une appelation pleine de complicité). Et j'ai eu un étrange pincement de coeur en serrant Marie dans mes bras. A-t-on le droit de s'ennuyer de quelqu'un que l'on connaît seulement depuis 3 jours? Et a-t-on le droit d'avoir l'impression de connaître quelqu'un depuis toujours après seulement ces mêmes trois jours? Forcément, je n'ai aucune idée de quand ou si nous allons nous revoir. Mais il demeure que pendant ces quelques jours, j'ai eu cette étrange impression d'avoir à mes côtés une amie de longue date, une complice.

Dans un autre ordre d'idées, étrange chose que la technologie. Je suis au Pérou. Aucun doute là-dessus. Mais avec les moyens du bord, j'arrive également à garder une petite présence dans un quotidien autre, une montréaléité. Une présence qui me garde arrimée. Présente et absente. Et si l'entre-deux me déplaît parfois, je n'y changerai rien puisqu'il est malgré tout mieux que rien. Il me permet d'exister dans deux réalités. Enfin.

Nostalgie, j'imagine, que tout ceci. La fin d'une première partie de voyage, la fin d'une amitié non commencée, l'éloignement d'une réalité montréalaise qui me manque, malgré tout, beaucoup.

Constation en vrac pour briser la nostalgie:
-Tous les Péruviens ne sont pas petits.
-Les chiens morts jonchant les rues seront forcément mangés par leur congénères.
-Manger un dîner à trois services à 1$ dans un resto de quartier, c'est ça la vie.
-Parler politique dans une troisième langue, c'est pas évident. Le mime entre vite en service.
-Mâcher de la coca, ça goût mauvais, mais ça gêle la langue.

mardi 9 juin 2009

Carnet de voyage - 5

les braises sont éteintes je ne respire plus le nez collé au nylon humide l'odeur de fumée qui n'est plus la tienne.

mercredi 3 juin 2009

Je n ai pas ecrit depuis un bon moment. Vrai. Mais il n y a plus aucune partie de mon corps qui fonctionne normalement. Marre.

Cusco est belle. Touristique, mais comment s en sauver? Alors, elle est belle. Et zut le reste.

Les montagnes veillent sur la place d Armes et les astiqueurs de chaussures a 1 sole.

Le temps que la foutue altitude me foutte la paix et on pourra esperer juste marcher dans la rue et eventuellement aller au Macchu.

En attendant, je vais aller soigner mes maux de tete, de ventre, de dos, de nez, de yeux, de vie. (Oui, je me plains. Merde a la fin)

Qui êtes-vous ?

Ma photo
On pourrait se dire: à quoi bon continuer, la courbe ne rejoindra jamais l'axe. Moi je dis: on s'en fout. Alors, faute de mieux, je tends vers.